Le soi-disant assaut des migrants

Pour une fois, au lieu de dire du mal du Soir, je vais dire du mal de RTL, et son reportage du 20 août : « D’où viennent les réfugiés et que coûtent-ils à la Belgique? Le point en direct »

En particulier, je voudrais m’arrêter sur cette magnifique image :

migrants-rtl

Le reportage vient juste après un « témoignage de migrants », dans lequel on laisse brièvement la parole à deux réfugiés Syriens, avant d’enchaîner sur : « Voyons maintenant concrètement en chiffre qui sont ses migrants ». Quels chiffres va-t-on nous montrer ? Ceux qui ceux qui montrent que le flux de migrants touche principalement les pays limitrophes des zones de combat, et que notre contribution à l’effort humanitaire est actuellement relativement dérisoire ? Qu’on trouve en tête des pays qui reçoivent cet afflux migratoire le Pakistan, le Liban, l’Iran et la Turquie ?

Non, bien sûr. Ce qu’on voit, c’est le fameux « assaut de migrants ». La Syrie, l’Iraq, l’Iran et l’Afghanistan envahissent la pauvre petite Belgique qui n’a rien demandé à personne. Ces connaissent des « difficultés soit avec le terrorisme, soit avec les populations », nous explique Frédéric Delfosse, qui mérite là le prix de l’euphémisme. Plus de 220.000 morts en Syrie depuis 2011, c’est vrai que c’est une « difficulté ». Voir sa famille massacrée, son village détruit, sa ville bombardée, c’est vrai, ce n’est pas toujours facile, les pauvre.

Évidemment c’est difficile pour nous aussi. On est obligé de les prendre en charge. Pauvre de nous. Et ça nous coûte 35 euros par jour et par réfugié ! C’est « deux fois moins qu’aux Pays-Bas », nous précise-t-on. « Notre pays ne s’en sort pas trop mal. » C’est vrai, ce serait quand même une catastrophe si on dépensait plus. On s’en sort pas trop mal : ils n’auront vraiment que le minimum nécessaire à la survie.

Merci donc, RTL, de montrer les faits de façon totalement impartiale. De ne pas transformer un conflit dramatique qui ravage toute une région du monde en un problème logistique pour la Belgique. De ne pas réduire les vies chamboulées des dizaines de milliers de personnes qui arrivent finalement à notre porte au terme d’un périple pour nous inimaginable à quelques chiffres sortis de leurs contextes.

Ces trente-cinq euros par jour ne sont pas un coût, mais un investissement. Nous devons investir dans un monde ouvert, où les personnes, les idées et les biens peuvent circuler librement. Une Europe refermée sur elle-même n’a pas d’avenir.

Santé et Nutrition : le business de la peur

Je suis tombé récemment sur le site sante-nutrition.org. Ses articles circulent régulièrement sur Facebook, et il a environ un million de visiteurs mensuels, ce qui est suffisant pour payer en revenus publicitaires le salaire de son administateur Yann Soinard et celui de deux autres personnes (d’après une interview avec Rue89). Le site publie quatre ou cinq articles par jour, avec pour thème général la gestion de la santé par les remèdes naturels et l’alimentation. « Que ton aliment soit ton médicament », annonce la bannière.

sante-nutrition.org est aussi une arnaque dangereuse qui fournit au public une marée de désinformation. Il prône la méfiance et la peur envers les médicaments et les remèdes « chimiques », et prodigue des conseils qui, si ils sont appliqués à la lettre, vont de l’inutile au léthal.

On trouve principalement deux types d’articles sur le site. Il y a ceux qui, d’un titre accrocheur, promettent des miracles avec un minimum d’efforts. « Comment se débarrasser des vergetures naturellement et rapidement ». « Voici comment régénérer votre cartilage du genou! » « Faites cette seule chose tous les matins pour stimuler la perte de poids! » « Jetez vos lunettes! Des milliers de personnes ont amélioré leur vision avec cette méthode! » « Comment perdre du poids rapidement et facilement avec le régime banane ».

sante-nutritionComplot !

Et puis il y a ceux qui annoncent qu’une maladie (généralement le cancer) peut être guérie à l’aide soit d’un ingrédient naturel, soit d’une technique connue depuis longtemps mais dont les scientifiques refusent de parler, parce qu’ils sont aux ordres de l’industrie pharmaceutique qui veut continuer à vendre ses médicaments chers et inefficaces. L’article « Le Plus Lu » du site d’après le menu est l’exemple-type : « Un homme a trouvé un « remède pour toutes les maladies » et a la décision du tribunal pour le prouver! »

Ce remède ? Une « Thérapie détoxifiante intra-cellulaire Bio-Minerale » qui « supprime des années d’accumulation de produits toxiques dans l’organisme, en restaurant les cellules à leur état le plus pur ». Le Dr Sebi, l’homme en question, soigne les gens avec des remèdes à base « d’aliments électriques » qui « suppriment toute acidité qui peut être la cause de la maladie dans le corps. » Quand à la décision de tribunal qui prouve que ça marche… Il s’agit d’une victoire dans un procès pour exercice illégal de la médecine en 1988. Il a été acquitté car personne n’a pu prouver qu’il avait présenté ses remèdes comme des vrais médicaments, ni qu’il avait prétendu poser de vrais diagnostics médicaux. Le tribunal n’a bien entendu rien dit quand à la validité ou non de ses théories médicales… Il continue maintenant à vendre en ligne des mélanges naturels à 200 dollars le litre, par pure bonté d’âme.

Ce mélange de demi-vérités, de paranoïa (le héros de l’histoire est toujours persécuté par le système) et d’exagérations est typique des histoires de sante-nutrition.org.

« Royal Rife avait Trouvé comment guérir le cancer en 1934« , nous dit un autre article, qui commence bien en déclarant que douter de Rife est un « négationnisme, [qui] n’aura pour égal que la négation des camps de la mort ». Quel est le remède ? Rife aurait construit une « machine tueuse de cancer avec un tube à plasma » qui va « « casser » les VIRUS de la même manière qu’un verre peut être brisé par un accord en résonance ». Pourquoi les virus ? Parce qu’ils sont « responsables formellement du cancer selon lui ». Comment se fait-il que sa merveilleuse invention n’ait pas survécu jusqu’à nous ? Mystère et complots… Des sombres histoires d’assassinats et de machines détruites par la semble-t-il toute puissante Association Médicale Américaine. Toutes les tentatives de reproduire ses résultats depuis ont malheureusement échouées, mais c’est sûrement parce que l’AMA reste vigilante !

Persil. Da weiss man, was man hat. Besser denn je.
Pas le même persil

sante-nutrition.org n’est pas le seul. Il y a à l’heure actuelle une foison de sites similaires sur le marché, qui généralement se copient les uns les autres, et surtout pompent des articles de sites américains. Certains se focalisent plus sur la perte de poids, d’autre sur le cancer. »Cette plante tue 86% des cellules du cancer du poumon » est un exemple des « remèdes naturels miracles » souvent mis en avant par le site, et un modèle de mauvaise interprétation de résultats scientifiques. À la base, il y a un article scientifique chinois qui trouve qu’une molécule présente dans le persil et le céleri a la capacité, à haute dose, de tuer les cellules cancéreuses du poumon. Par quelques tours de passe-passe, sante-nutrition.org en conclut que boire de l’infusion au persil (ils donnent même une recette) 3 fois par jour permet de prévenir le cancer du poumon. Oh, c’est aussi un remède qui « supprime le sable et les calculs rénaux, traite avec succès les infections urinaires et est un diurétique puissant. » Tout ça.

Ces sites sont dangereux. Yann Soinard n’est pas médecin. Il admet lui-même n’avoir aucune formation médicale (et se vante de ne pas être « formaté »). Lorsqu’il donne des conseils sur la santé, et que des gens décident de suivre ses conseils au lieu d’aller voir un professionnel, il va potentiellement les priver de soins dont ils ont besoin.

Se méfier de « trop de médicaments », d’accord. Critiquer les pratiques parfois douteuses de l’industrie pharmaceutique, pourquoi pas. Mais jeter entièrement des siècles de progrès médicaux qui ont permis de réduire le taux de mortalité, d’éradiquer des maladies autrefois mortelles, et d’améliorer grandement la qualité de vie de toute la population pour les remplacer par des tisanes et des théories du complot, c’est irresponsable. Mais tant que des millions de visiteurs continueront à visiter ces sites et à payer les salaires de leurs administrateurs, il y a peu de chance qu’ils disparaissent.

Guide pratique du sexisme au quotidien

Si tu es un homme vivant au XXIème siècle, tu as certainement dû faire face à cette terrible réalité : il y a des femmes partout, et elles ont même plus ou moins les mêmes droits que toi. Tu ne dois toutefois pas désespérer. Ces quelques conseils pourront t’aider à survivre dans ce monde hostile, et à t’assurer que ta voix (grave et virile) reste entendue, afin que le sexe faible ne se fasse pas trop d’illusions quand à cette soi-disant « égalité ».

1. Dans la rue

Tu te promènes en rue, tranquille, tu ne demandes rien à personne, quand soudain apparaît devant toi… une gonzesse. Tu pourrais, évidemment, ne rien dire, te contenter de poursuivre ton chemin et de lui laisser poursuivre le sien. Mais alors, comment se rendrait-elle compte que tu l’as remarquée ? Il faut agir. Mais pas n’importe comment !

La première question à se poser, c’est : de quelle type de fille s’agit-il ? Elle est habillée « sexy » ? C’est sûrement juste pour te taper dans l’oeil. Elle se doutait qu’elle croiserait ton chemin, et serait ravie d’entendre un beau compliment. Par exemple, tu pourrais lui dire qu’elle est belle, ce qui te donne un trésor de possibilités de rimes toutes aussi riches les unes que les autres, comme « mademoiselle », ou « gazelle ». L’important, c’est de rester original et imprévisible !

Peut-être qu’elle n’est pas vraiment dans une tenue sexy, mais que ses vêtements laissent quand même deviner ses courbes. La coquine ! Il s’agit clairement alors d’une tentative de séduction sous un masque de pudeur. Pour bien montrer que tu as compris, le mieux est un long regard appuyé en direction des fesses (ou des seins, à nouveau, les possibilités sont infinies), avant de chercher à croiser son regard. Dès que ses yeux sont accrochés : un sourire, un clin d’oeil, et c’est dans la poche. Si elle garde les yeux au sol, essaye de détourner la tête ou accélère le pas, n’hésite pas à siffler un peu pour attirer son attention, c’est sûrement parce qu’elle ne t’a pas bien vu !

Enfin, il arrive aussi parfois que certaines femmes, pour des raisons totalement incompréhensibles, choisissent de sortir en rue dans une tenue qui ne la met pas en valeur. Peut-être même qu’elle n’a pas de maquillage, peut-être même qu’elle tire la gueule ! C’est parce qu’elle a besoin de quelqu’un pour lui remonter le moral : dis-lui de sourire un peu, je suis sûr qu’elle t’en sera reconnaissant. Et n’oublie pas que ton avis est important. Si tu la trouve trop grosse, mal coiffée, qu’elle a des boutons, ou juste un visage qui ne te plaît pas, tu peux le lui signaler, ça la motivera certainement à faire mieux la prochaine fois.

Attention tout de même : en théorie, elles pourraient « porter plainte » parce que c’est « illégal ». Heureusement, elle ne le fera sans doute pas, parce que d’une part c’est difficile à prouver, et d’autre part la police traite bien souvent ce genre de plaintes avec toute la délicatesse dont ils sont capables…

2. Dans les transports en commun

Le problème de la rue, c’est que tu n’as pas le temps de vraiment communiquer. Au mieux, tu as la durée d’un feu rouge pour faire bonne impression. En transports en commun, c’est une toute autre histoire. Enfermés dans un espace réduit pendant plusieurs minutes, voir plusieurs dizaines de minutes, tu peux prendre le temps de faire bien les choses.

Si il y a des places assises, mets-toi juste en face d’elle, où juste à côté, surtout si il y a d’autres places disponibles ailleurs. C’est une bonne occasion de briser la glace, et de montrer ton intérêt. Montre ta dominance en écartant les jambes au maximum, pour bien montrer que tes larges testicules ont besoin de respirer.

Les transports en commun sont avant tout un lieu de rencontres et d’échanges. Pour la mettre à l’aise, pose lui des questions sur sa vie personnelle. Est-ce qu’elle a un copain ? Où est-ce qu’elle habite ? Où est-ce qu’elle va ? Si elle donne l’impression de ne pas s’intéresser à la conversation, ou de chercher à y mettre fin, c’est seulement un signe qu’elle veut tester ta résolution. Ne baisse pas les bras ! Si tu insiste, elle finira certainement par te donner son numéro de téléphone !

N’oublies pas que toutes ses actions ont pour but d’attirer ton attention. Si elle se cache derrière un livre, c’est qu’elle veut que tu lui demandes ce qu’elle lit. Si elle met ses écouteurs, c’est qu’elle veut partager avec toi ses goûts musicaux.

Et si vraiment elle s’enfuit, ou te demande de lui foutre la paix, l’important est de sortir la tête haute. Il ne faudrait pas que les observateurs éventuels aient l’impression que tu es du genre à te faire rejeter. C’est là où toutes les insultes que tu as appris en cour de récréation te seront utile : dis-lui qu’elle est moche, et que de toute façon tu n’étais pas vraiment intéressé par elle. Tout le monde sera impressionné par ta maîtrise de la situation.

Dis toi bien aussi que ce n’est que partie remise : la beauté des transports en commun, c’est que tu as de bonnes chances de la recroiser à la même heure le lendemain. Ce sera l’occasion de retenter ta chance ! Les femmes aiment les hommes qui s’accrochent !

projet-crocodilePleins d’autres bonnes choses à faire en rue ou dans les transports sur le blog « Projet Crocodiles« 

3. Sur Internet

Ouf ! Te voilà rentré chez toi, loin de toutes ces présences féminines indésirables. Tu peux te relaxer en allant faire un tour sur Internet. Et là, c’est le drame : malgré leur incapacité chronique bien connue à maîtriser la technologie, certaines femmes réussissent malgré tout à arpenter les autoroutes de l’information. Tant qu’elles se contentent de partager des recettes de cake décorés sur Pinterest ou de lire le blog de Pénélope Bagieu, ça va, on peut supporter, mais parfois elles osent s’aventurer en dehors de ces zones bien délimitées.

Tu dois défendre ton territoire ! N’oublie pas que, sur Internet, tu es anonyme : tu peux donc te permettre d’être beaucoup plus direct. Demande directement des photos d’elle à poil, par exemple, pour bien lui faire comprendre que c’est tout ce qu’elle peut apporter à la conversation. C’est aussi l’occasion de démontrer tes talents de « hacker » : si tu arrives à trouver sa véritable identité ou son compte Facebook, tu peux directement lui montrer que tu es du genre dominant, en lui montrant que tu connais des trucs sur sa vie privée. Elle ne pourra qu’être impressionnée par tant de maîtrise.

Les règles sont encore un peu différentes si tu te trouves sur un site de rencontre. Clairement, une fille qui va sur un site de rencontre est obligée d’accepter toute demande de plan cul. C’est sûrement écrit quelque part dans les conditions d’utilisation. Elle sera donc très heureuse de recevoir une photo de ta bite sans autre préambule. Ça montre que tu es assertif et que tu as confiance en toi, et ça c’est sexy !

4. Au travail, à l’école

Garder une bonne ambiance au travail est important ! C’est pour ça que tu dois faire comprendre aux femmes qu’elles doivent faire attention à leur apparence lorsqu’elles viennent travailler. Tu ne veux tout de même pas passer ta journée à voir défiler devant ton bureau des filles fringuées comme des sacs qui tirent la gueule, non ? Si elles viennent sans maquillage, n’hésites pas à leur dire qu’elles ont « l’air fatigué ».

Si tu as la chance d’avoir le pouvoir d’engager (ou non) du personnel, n’oublie pas qu’être jolie est une compétence essentielle pour toute personne qui est en contact direct avec les clients ou les visiteurs, comme les réceptionnistes ou les serveuses.

Les lois du travail sont parfois honteusement sexistes envers les hommes, et tu dois t’en offusquer ! Par exemple, lorsqu’une femme ose être enceinte et en profite pour ne rien faire pendant un an, dis bien que c’est honteux qu’elle soit payée à ne rien faire. Bien sûr, tu ne voudrais pas t’occuper toi-même de l’enfant, mais bon, elle n’a qu’à choisir entre les gosses et sa carrière professionnelle !

C’est important que les femmes soient mises à leur place dès le plus jeune âge. Si tu fais partie du corps enseignant, tu peux en profiter pour bien inculquer à chaque élève les options de carrière qui s’offrent à lui. Encourage les garçons à poursuivre les branches mathématiques ou scientifiques, et pousse les vers des études d’ingénieur ou de médecin. Les filles, elles, sont plus douées dans les langues, et doivent être dirigées vers le social. Bien sûr, ces distinctions ne se font pas toutes seules : il faut les cultiver dès le plus jeune âge.

Heureusement, tu seras aidé en cela par les vendeurs de jouets, comme LEGO. Dans la gamme LEGO City, les petits garçons peuvent s’imaginer explorateurs, astronautes, pompiers, garde-côte, policier, et se construire des histoires et des villes complètes, avec de multiples décors, véhicules et personnages. Dans la gamme LEGO Friends, les petites filles pourront elle aussi inventer des histoires dans l’univers palpitant de Heartlake City, où cinq amies vont chez le coiffeur, à la plage, au bar à smoothie, et découvrent les animaux ! Ouf ! Voilà qui va les inspirer à poursuivre leurs rêves !

lego-friendsLEGO Friends ! Pour stimuler (mais pas trop) l’imagination des petites filles ! (via www.lego.com)

5. Dans l’isoloir

Malgré tous tes efforts, il arrive souvent que tes droits en tant qu’homme soient mis en danger. Depuis que les femmes ont le droit de vote, elles en profitent pour mettre au pouvoir des politiciens (voir des politiciennes !) qui soutiennent des législations sexistes contre les hommes. Par exemple, on ne peut plus virer une femme sous prétexte qu’elle arrête de travailler pendant sa grossesse, alors qu’un homme qui ne vient pas au travail sans raison pendant neuf mois sera certainement mis à la porte ! Depuis 1976, les femmes ont le droit d’ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leur conjoint. Ne parlons même pas du droit à l’avortement, où des lois contre le harcèlement qui, bien que complètement inefficaces, montrent cependant une volonté politique d’écouter les discours féministes, et d’empêcher les hommes d’en faire à leur guise.

Heureusement, il reste des partis réactionnaires qui défendent les « rôles traditionnels » hommes-femmes. Par exemple, le programme du Parti Populaire met en garde contre une théorie du genre qui serait « non basée sur les rôles répartis depuis la nuit des temps entre les hommes et les femmes », et contemple avec horreur que, « Dans certains pays, comme en Suède, les petits garçons se voient contraints de jouer à la poupée, pendant que les jeunes filles peuvent manier des soldats de plomb. »

Alors, avec une pensée émue pour tous ces pauvres petits garçons qui, une arme pointée sur eux, sont forcés de jouer à la poupée en pleurant silencieusement sur leur sort, et à toutes les petites filles qui sont exposées au Saturnisme par la manipulation des soldats de plomb, toi aussi soulève-toi contre ces tentatives honteuses de gommer les différences entre les hommes et les femmes !

Ce sont les hommes qui sont responsables des grandes avancées de la société. En tout cas, c’est ce que disent les livres d’histoire écrits par des hommes. Pourquoi mentiraient-ils ? La prochaine fois que tu siffleras une femme dans la rue, la prochaine fois que tu lèveras les yeux au ciel en entendant encore une féministe se plaindre de soi-disant injustice, sois assuré que tu mènes le bon combat : celui de la tradition, celui du status quo, celui des privilégiés pour garder leur privilège.

UFO du Soir, bonsoir…

Le Soir, dans un grand moment de haut journalisme (ou parce qu’un stagiaire s’ennuyait), nous publie un superbe article (archivé ici pour si ils pensent à le retirer…) sur une découverte incroyable du robot « Curiosity », en mission sur Mars depuis 2012 : il aurait découvert une femme ! Là, comme ça, qui se balade.

Comment se fait-il que tous les journaux n’en font pas leurs premiers titres ? Est-ce que Le Soir est simplement mieux informé ? Ont-ils des sources secrètes à la NASA ? Ou bien tout cela n’est-il que de la connerie réchauffée ?

ufo-proofLa preuve par l’image

Puisque Le Soir semble décidé à traiter le sujet avec sérieux, et à se demander si il s’agit « d’un humain ou d’une statue », en concluant que « Ce n’est pas la première fois que Curiosity rapporte des photos qui laissent planer le doute sur la vie sur Mars »… Prenons le sujet au sérieux, et voyons ce que disent vraiment les images…

Première chose : quelle est la source ? Le Soir cite le très sérieux blog journalistique « UFO Sightings Daily » (sûrement une filiale méconnue du New York Times), lequel, il y a quatre jours, publiait la même information. On peut y lire « Date de découverte: Juillet 2015 » et « Lieu de la découverte: Mars », donc on sait directement que c’est confirmé. En plus, eux aussi sont sérieux et citent leurs sources : « This was discovered by UFOovni2012 of Youtube ». Si M. UFOovni2012 le dit…

La vidéo en question date du 20 juin 2015. Merde, voilà qui rend déjà plus difficile la théorie du « Découvert en Juillet 2015 ». À moins que les Martiens ne puissent remonter dans le temps ? Que nous cache-t-on réellement ?

Heureusement, l’article accompagnant la découverte fournit même le lien vers l’image originale, publiée par la NASA. En fouillant un peu sur le site de la NASA, on finit même par trouver la vraie référence : il s’agit d’une photo prise par une caméra montée sur le « mât » de Curiosity. Sur ce schéma, c’est la « Left Mastcam ». La photo a été prise au « Sol 1001 », c’est à dire le 1001ème « jour martien » de la mission, ce qui correspond au 31 juin 2015, à 20h38min14s UTC. Bon, ça fait presque juillet, donc on va dire que c’est bon 31 mai 2015, à 20h38min14s UTC, ce qui nous change encore le mois de la découverte… [Corrigé : merci Ben!]

ufo-original-nasaL’original (NASA)

Ce qui est intéressant avec l’image originale, c’est qu’on voit assez vite que le contraste n’est pas du tout le même que sur la « preuve » montrée dans l’article du Soir (et dans les vidéos des Ufologues, mais eux ont l’excuse de ne pas être tenus à des standards journalistiques…). C’est donc un signe que la preuve, gasp, pourrait être falsifiée ? Impossible ! Si on découpe l’image originale de la NASA de la même manière que l’image « preuve » du Soir, on arrive à ceci :

nasa-croppedLa preuve par l’image ?

Alors, qu’est-ce qu’il se passe dans cette image ? Zoomons un peu :

nasa-cropped-big Tout s’éclaire !

Bon, qu’est-ce qui peut causer cette apparition fantomatique ? On voit ici plusieurs choses : premièrement, beaucoup d’artefacts de compression. Qu’est-ce que c’est ? Quand Curiosity envoie ses données sur Terre (ou quand la NASA les mets en ligne), elles sont « compressées » en format JPG. La connexion vers Mars est assez lente (pire que Belgacom), donc il vaut mieux économiser la bande passante quand ce n’est pas absolument nécessaire. Et quand on compresse une image en JPG, on obtient une image qui, vue de loin, correspond à peu près correctement à l’image originale (les « basses fréquences » de l’image sont préservées), mais est toute pourrie quand on zoom (les « hautes fréquences » sont dégommées). Du coup, on a pleins de pixels groupés bizarrement, et de manière générale on ne peut jamais être trop sûr de ce qu’on voit. Si on va vraiment à fond dans le zoom :

nasa-cropped-bigger Enhance !

Les artefacts sont beaucoup plus clairement visible que la fameuse femme mystérieuse. Bon, mais qu’est-ce que c’est, finalement, ce truc ? Je suis quasiment sûr que les « seins » de la demoiselle sont un rocher, et que la chevelure est l’ombre du rocher. Le « corps » est possiblement la combinaison des ombres de petits rochers autour et d’artefacts de compression.

Quand au phénomène très humains qui fait que l’on a tendance à voir dans n’importe quelle image de caillou des visages ou des silhouettes, il est bien connu et bien documenté, et s’appelle Paréidolie, et est du au fait que le cerveau humain est super fort pour reconnaître des objets connus dans des formes inconnues et aléatoires. Une théorie est que, d’un point de vue sélection naturelle, celui qui voit un tigre ou un ennemi humain dans les fourrés alors qu’il n’y avait que des ombres et des tâches survit, alors que celui qui dit « ah, c’est juste une ombre » alors qu’il y avait un tigre se fait bouffer la gueule. Du coup, on a tendance à être prudent et à dire « Tigre! » partout. (Ou dans ce cas-ci : « fille à moitié à poil! », parce que les préoccupations humaines ont visiblement changé entre temps).

Tout ça pour dire : merci au Soir de faire du grand journalisme, je n’ai même plus besoin d’aller voir sur des sites de théorie du complot pour trouver des bêtises pareilles, ça arrive directement dans le journal !

Windows 10 : premières impressions

Un grand sage a dit : « si tu installe une version de Windows avant le premier Service Pack, tu vas avoir des emmerdes. »

Un an passé sur Windows 8 m’a convaincu d’ignorer le grand sage et de lancer la mise à jour. J’utilise Windows 10 depuis maintenant une semaine, et pour l’instant c’est globalement une bonne expérience. Globalement.

Windows 10 répond à sa promesse principale : un retour à la dernière version qui marchait (Windows 7), sur lesquelles viennent se greffer des petites améliorations d’interface, et quelques fonctionnalités plus ou moins utiles. Le menu « Démarrer » est bien revenu, et il est plutôt bien, avec des accès rapides aux documents et applications récents et souvent utilisés, et des fonctionnalités de recherche plutôt efficaces. Il paraît que le nouveau navigateur, Edge, est bien aussi, mais je n’ai pas encore vraiment testé. La mise à jour était facile à effectuer. La stupide interface « Metro » a disparu.

Le premier problème auquel je me suis heurté, c’est la fourberie de la « Configuration Express » de Windows 10 lors de la mise à jour. Par défaut, Windows 10 envoie tout ce qu’on tape au clavier et tous nos clics de souris à Microsoft. Google fait pareil sur les téléphones Androïd, mais ils ont un peu plus l’excuse de vouloir améliorer les fonctions « auto-correct » et autres qui rendent l’utilisation d’un GSM nettement plus facile. Pour un ordinateur… Le besoin est moindre, et le risque de dérive nettement plus important. Bref : désactivé. Windows remplace aussi toutes les applications « par défaut » : Edge comme navigateur, leur lecteur média pour les vidéos, etc… Tout ça peut être changé en trouvant le petit bout de texte « custom configuration » planqué en bas de l’écran de configuration express…

Ça, c’est pour les problèmes qui n’en sont pas vraiment, puisqu’ils sont voulus par Microsoft. Depuis la mise à jour, je me suis aussi retrouvé avec des bugs plus traditionnels : problème de driver pour mon « touchpad », DLL manquante pour Visual C++ qui empêche une partie des programmes de s’exécuter, gestion un peu bizarre de la mise en veille / verrouillage de l’ordinateur…

Des problèmes assez vite réglés par une recherche Google, mais qui sont toujours un peu pénibles.

En conclusion : est-ce que je suis satisfait de Windows 10 ? Plutôt, oui. Je ne regrette en tout cas pas de laisser Windows 8 derrière moi, et cette version semble prometteuse. Est-ce que je recommande la mise à jour ? Pas encore, sauf si vous aimez jouer à chipoter dans des panneaux de configuration pour que tout fonctionne comme il faut.