Et maintenant ?

Donald Trump sera le 45ème président des États-Unis.

Le système américain étant merveilleusement simple et démocratique, il n’est pas impossible que Clinton remporte le vote populaire, qui sera en tout cas très serré. Le décompte des grands électeurs, cependant, place Trump dans le bureau ovale.

Et maintenant, que se passe-t-il ?

Pour les États-Unis : les républicains vont pouvoir se défaire de la réforme des soins de santé d’Obama, et mettre à la Cour Suprême un nouveau juge anti-avortement, anti-LGBT, pro-armes à feu. Et, bien entendu, durcir encore leur politique d’immigration, baisser les taxes sur les plus riches, et banaliser encore plus le discours raciste, misogyne, islamophobe et/ou antisémite. Juste ce dont on a besoin pour l’instant.

Pour le reste du monde, je vois deux conséquences majeures : premièrement, un retour vers une méfiance entre les États-Unis et ses partenaires historiques. L’un des accomplissements majeurs d’Obama est sans aucun doute d’avoir remis les États-Unis dans une politique de coopération internationale que ne partagera sans doute pas son successeur.

Mais une des principales raisons de s’inquiéter pour « le reste du monde » (c’est nous!) qui regarde avec incrédulité les résultats de cette élection est sans doute la politique climatique. Après les accords de la COP21, il y avait un petit espoir de voir la communauté internationale s’unir pour faire face au défi majeur de la réduction des émissions de gaz à effets de serre. De tels accords, cependant, ne servent à rien si les États-Unis ne sont pas prêts à montrer l’exemple.

Pour Donald Trump, le réchauffement climatique est une invention chinoise pour miner la production américaine. Il ne croit pas les rapports du GIEC. Il veut pousser la production de pétrole et de charbon, et ne s’intéresse pas trop aux énergies renouvelables. L’urgence climatique nécessite des actions concrètes, immédiates et coordonnées. Trump risque de postposer toute chance d’arriver à prendre ces actions d’au moins 4 ans.

La victoire de Trump ouvre de nombreuses questions, et les analyses vont certainement s’accumuler dans les prochains jours pour tenter d’expliquer le résultat, et de comprendre ce à quoi pourrait ressembler les actions du Président Trump. Les parallèles avec le Brexit sont déjà mis en avant: vote de protestation, vote anti-establishment, vote anti-globalisation. On y ajoute une pincée de sexisme et une bonne louche de racisme.

Un autre point commun avec le Brexit, qu’on peut certainement s’attendre à retrouver dans la prochaine campagne électorale française, et qui s’importera certainement en Belgique, c’est la politique du mensonge décomplexé. La seule chose qui compte est de convaincre les électeurs que l’on est « avec eux », et que « les autres » sont l’ennemi. Le programme électoral, la cohérence des discours, la crédibilité personnelle: rien n’a d’importance, dès lors qu’on a réussit à rallier les troupes autour de son drapeau.

Farage et Trump ont montré le chemin. Marine Le Pen, Geert Wilders et le reste des meneurs populistes européens sont certainement en train de prendre des notes.

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