Pour clôturer 2025, petit retour en vracs sur des choses intéressantes que j’ai lu/vu cette année. J’en oublie certainement plein, je n’ai pas pris de notes pendant l’année, donc je me base surtout sur les flux RSS auxquels je me suis abonné pour essayer de me rappeler de ce qui m’a marqué!
- Louise Roullier est une autrice française férue d’histoire qui, depuis son compte Mastodon @hist_myth@mastodon.top a passé à peu près un an à résumer et commenter les dix premiers livres de l’histoire romaine de Tite-Live. Le tout est maintenant collecté sur son blog, et c’est drôle et informatif.
- Elisabeth Sandifer est une autrice américaine que je connais principalement pour son livre Neoreaction a Basilisk, une excellente dissection des origines philosophiques de l’extrême-droite américaine. Sur son blog Eruditorium Press cette année, elle a publié un texte fleuve intitulé Exiting the Draugr Castle sur un sujet qui a priori ne m’intéresse pas particulièrement (une dispute qu’elle a avec les organisateurs d’un rassemblement néo-païen). Pourtant, je suis resté accroché à toute la saga. Faut croire qu’elle sait écrire.
- Thierry Crouzet est un auteur français qui écrit beaucoup sur son site. Il écrit sur le vélo, sur l’écriture, sur notre rapport aux technologies et aux réseaux sociaux, sur l’IA, sur ce qu’il lit. Difficile de choisir un article en particulier à mettre en avant ici, mais je vais me porter sur un article qui fait écho à mes propres réflexions sur le minimalisme de ce blog: Le slow web est plus rapide : minimalisme numérique et impact carbone.
- Lionel Dricot, dit Ploum, est un écrivain et blogueur belge, défenseur radical du logiciel libre, du minimalisme numérique, et – lui aussi – du vélo. J’ai déjà reviewé son livre Bikepunk sur ce blog. Chez lui aussi, il y a beaucoup de choix pour ces écrits de l’année. Juste parce que ça me parle en relisant ses archives, je vais pointer vers: La guerre que mènent les robots ascientifiques contre la solitude intellectuelle.
- Stephen B. Heard est un biologiste américain qui écrit beaucoup sur l’écriture scientifique, dans des vrais livres et sur son site Scientist Sees Squirrel. Cette année, il a entre autres choses publié une série d’essais sur comment (ne pas) écrire les sections “Méthode”, “Résultats”, “Discussion” et “Introduction” d’un article scientifique.
- Terence Eden écrit est un spécialiste des “open standards” et de l’open source, qui écrit beaucoup sur son blog sur des sujets très spécialisés en informatique. Un article parmi milles autres: How to actually test your readme.
- Arthur Perret est maître de conférences en science de l’information et de la communication, et je lui doit entre autre choses la découverte de Pandoc et d’un workflow d’écriture centré sur le “Markdown”, qui j’utilise depuis. Dans Intelligence artificielle : faire avec ou vivre sans ?, il s’interroge – et nous interroge – sur la pertinence de la posture de rejet complet de l’intelligence artificielle.
- SarahZ ne publie plus très souvent de vidéos, mais la seule qu’elle a sorti cette année, “Everyone’s Cheating at Chess (Allegedly)” est une plongée tout à fait fascinante dans le monde des “influenceurs des échecs”, et des controverses autour d’un sport où la triche est si facile. Vidéo sur Nebula ou sur YouTube.
- Paged Out est un magazine technique expérimental ultra-geek au concept simple: tous les articles doivent faire une et une seule page.
- Sam Lawler est une astronome canadienne qui élève des chèvres dans le Saskatchewan, et poste régulièrement sur Mastodon sur tous les dégâts causés par les satellites Starlink d’Elon Musk, qui sèment leurs débris sur toute la planète – y compris dans le Saskatchewan. Elle poste aussi des photos de chèvres, forcément, ce qui ne gâche rien.
Je n’ai pas eu le temps / l’énergie de lire beaucoup de livres cette année, malheureusement. En plus de ceux dont j’ai fait la critique et que je mentionne plus bas, j’ai apprécié Dinner at Deviant’s Palace de Tim Powers, une dystopie assez originale. Je suis aussi (enfin!) en train de lire The AI Con par Emily M. Bender et Alex Hanna, la référence sur les origines du hype autour des IA génératives.
Partie nombriliste
De mon côté, sur ce blog, je me suis quelques fois transformé en critique littéraire (The Bezzle par Cory Doctorow; Apostles of Mercy par Lindsay Ellis; Le Transhumanisme par Nicolas Le Dévédec; Bikepunk par Ploum) et j’ai, comme souvent, parlé d’IA (Non, GPT-o3 n’a pas un QI de 157 et L’illusion cognitive: le superpouvoir des IAs). Et puis j’ai dit du mal de Starlink et de Microsoft.
J’ai aussi publié un article scientifique dont je suis assez content, présenté à la conférence ESANN, Ranking the scores of algorithms with confidence et, sur mon blog de recherche, j’ai parlé du fait que les LLMs et les bonnes pratiques scientifiques ne font pas bon ménage, de ma tentative d’apporter plus de contexte à mes publications scientifiques, de mon bref passage comme maître de conférence à l’ULB, et de la fin de mon parcours académique.
Avec mon nouveau travail à la Haute-École de Vinci, j’ai aussi démarré un nouveau blog, “clavier ouvert”, lié aux choses que j’enseigne, pour celleux que ça intéresse.
J’ai participé au Advent of Code, un événement annuel où des “puzzles” de programmation sont proposés dans le courant du mois de décembre. J’ai documenté mon processus et mes réflexions sur https://notes.adfoucart.be/aocode25/. Je tiens également des notes sur mon apprentissage du Typescript, parce que je dois l’enseigner au prochain semestre alors ce serait bien que je sache de quoi je cause.