Lorsque j’ai vu le livre dans l’excellente librairie Brin d’Acier, je me suis souvenu en avoir déjà entendu parler comme d’un livre qui était extrêmement bizarre, casse-tête, et qu’il fallait absolument lire dans une version grand format. À part ça, même si le livre date de 2000, je ne savais pas trop dans quoi je m’engageais. J’ai eu un peu de mal à accrocher, principalement parce que je n’ai plus autant le temps que dans ma jeunesse de me plonger “à fond” dans un livre. Mais j’ai fini par en venir à bout, et je ne regrette pas l’expérience.
La Maison des Feuilles est certainement une expérience. Une oeuvre “post-moderne” et “ergodique”, comme le dit Wikipédia. Un truc un peu tordu, en somme. Un thriller d’horreur-fantastique qui fait aussi office de satire de la littérature académique, le tout amené dans un format où la typographie et l’agencement du texte fait autant partie de l’histoire que le choix des mots.
Tentative de résumé:
Will Navidson et sa famille emménagent dans une maison. Un couloir sombre y apparaît un jour. Les mesures de la maison montrent qu’elle est plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur. Navidson monte une série d’expéditions pour explorer le couloir qui se transforme vite en labyrinthe infini. Un film retrace ses explorations et la vie dans la maison. Autour de ce film, le Navidson Record, vient se créer tout un corpus académique, des livres, des articles, des commentaires analysant chaque seconde de ce mystère. Un vieil homme du nom de Zampanò écrit un livre retraçant toute l’histoire, mais décède avant de le terminer. Johnny Errand trouve le manuscrit et entreprend de l’achever. Nous lisons le produit final, après passage entre les mains d’un éditeur inconnu.
Toutes ces couches interviennent dans l’histoire. Johnny raconte son histoire dans des notes de bas de page qui s’entrecroisent avec les citations académiques et les digressions de Zampanò lui-même. Le texte change de format, parfois d’orientation, de typographie, renvoie à des annexes, nous fait revenir en arrière, nous force à manipuler le livre dans tous les sens.
C’est un peu fatiguant. Ce n’est pas un livre qui rejoindra ma liste de livres que je relis régulièrement quand j’ai besoin de juste m’évader sans me casser la tête. Mais je ne regrette pas de l’avoir lu.