Le premier mai 2011, alors que les marines du Seal Team Six étaient en train de mener l’opération pour tuer ben Laden au Pakistan, le photographe Pete Souza pris un des clichés les plus célèbres de la présidence d’Obama: The Situation Room. [Wikipedia]
Le trois janvier 2026, près de quinze ans plus tard, Donald Trump ordonne la capture du président Vénézuélien Nicolás Maduro ainsi qu’une série de frappes aériennes sur le pays, dans l’objectif à peine masqué de s’emparer des ressources pétrolières du pays.
Trump n’observe pas l’opération depuis la Situation Room de la Maison Blanche, mais depuis sa résidence principale à Mar-a-Lago, entre deux parties de golf. Il commente par la suite sur Fox News:
“I was told by real military people that there’s no other country on Earth that can do such a maneuver,” Trump told Fox News in a phone interview. “If you would have seen what happened, I mean, I watched it literally, like I was watching a television show.”
Il profite aussi de l’occasion pour se faire ses propres clichés historiques.
Le parallèle avec la photo d’Obama est évident. On retrouve même un Marco Rubio dans la pose iconique d’Hillary Clinton, qui occupait le même poste que lui dans l’administration Obama.
Mais les différences entre les photos de Trump et celle d’Obama ne sont pas uniquement dans le casting.
Il y a évidemment le contexte. L’exécution d’Oussama ben Laden était certainement d’une légalité douteuse, mais ne visait clairement qu’un seul homme. Une “vraie” opération spéciale, qu’un Tom Clancy n’aurait aucun mal à transcrire (ou à faire transcrire par ses employés) en un roman héroïque, s’il ne l’a pas déjà fait. La capture de Maduro, par contre, est un prétexte à un objectif purement économique: le contrôle du pétrole vénézuélien par des sociétés américaines.
Mais il y a aussi le côté incroyablement cheap et amateur de la situation room version Mar-a-Lago.
La salle n’est clairement pas sécurisées: une opération top secret menée derrière une paire de tentures noires. L’écran posé devant les tentures est branché sur la source d’information principale du président: X/Twitter.
Cette image en particulier est incroyable:
On a le grand général-en-chef des armées Dan Caine, le directeur de la CIA John Ratcliffe, et le Ministre de la Défense (ou plutôt de la Guerre) Pete Hegseth, l’air grave, avec dans leur dos un emoji géant aux grands yeux et un drapeau Vénézuélien.
La présidence de Donald Trump est profondément ancrée dans celle d’Obama, qu’il n’a jamais digéré. Et chaque imitation ne fait que creuser le gouffre qui les sépare. Obama a le Prix Nobel de la Paix, Trump celui de la FIFA. Obama a The Situation Room, Trump sa copie produit blanc, symbole d’une présidence qui, si ses conséquences n’étaient pas si tragiquement graves pour le reste du monde, serait un chef-d’oeuvre de comique absurde.